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Abécédaire de la psychiatrie

Sandrine Pinard - Fotolia.com
A- AGORAPHOBIE
Névrose d’angoisse attachée aux endroits publics et, plus précisément, aux contacts avec la foule. L’individu souffrant de ce syndrome vit une coupure du réel parfois très invalidante. Depuis que les derniers phares de la côte atlantique ont été automatisés, les perspectives professionnelles se sont assombries pour les agoraphobes. Les personnes relevant de cette pathologie recherchent en effet un certain isolement social ; elles partiront en vacances en Sibérie orientale, feront de la voile en solitaire, iront voir un concert du gagnant de la Nouvelle Star…
Le stade ultime de cette maladie est illustré par le destin misérable du ver solitaire ; ce dernier vit reclus dans le noir, sans électricité, il ne sort même plus faire les courses et, de ce fait, mange une nourriture infecte et pré digérée.
A- AMBIVALENCE
Notion essentielle, indispensable pour vivre en société, acquise aux premiers stades de l’enfance. L’allaitement participe à cet apprentissage ; le sein maternel, source de béatitude ou de manque insupportable, prépare le nourrisson à une appréhension subtile de la réalité.
Trop contrarié, l’individu développera une intolérance à la frustration ; il canalisera difficilement ses désirs. Selon l’expression populaire, il voudra le beurre et l’argent du beurre, ainsi que la crémière, par-dessus le marché (notons que ce corps de métier est une grande victime collatérale de l’ambivalence).
Par ailleurs, la réponse trop systématique aux besoins d’un enfant freinera l’évolution entière de la société, ce nouveau citoyen voulant, par exemple, des autoroutes afin de mieux circuler, mais construites chez son voisin, à plusieurs kilomètres de chez lui. Il désirera également sauver la planète en préservant les ressources, mais il refusera de sacrifier son pouvoir d’achat lié à la croissance économique. Cherchez l’erreur.
B- BORDERLINE
L’individu borderline (ou état limite) est assis entre deux sièges ; le tabouret fendu de la psychose et la chaise branlante de la névrose. Il souffre d’une fragilité profonde, d’un vide affectif qu’il essaye toujours de combler. Malgré une apparence trompeuse le faisant apparaître déterminé et sûr de lui, il a une piètre opinion de sa personne (et des autres, également).
Les rapports avec ses contemporains sont souvent bruts de décoffrage, car il supporte mal les contrariétés. Au football, il assommera volontiers l’arbitre pour un carton rouge.
Sa vie sexuelle sera facilement chaotique et déviante ; de par son épiderme, un hérisson borderline aura ainsi beaucoup de mal à conclure avec une poupée gonflable. Il sera vite frustré et l’utilisation des rustines le rendra fou de rage. Pour résumer, la vie aux côtés d’un borderline ne manque jamais de piquant.
C- COMPLEXE D’ŒDIPE
Dès sa naissance, l’être humain est profondément jaloux et insatisfait ; avant de piquer la femme du voisin ou le mari de sa meilleure copine, il s’entraîne avec les personnes de son entourage. En attendant l’adolescence où il traitera ses géniteurs de « vieux fossiles » (1), il se découvre une passion pour la paléontologie, vers l’âge de cinq ans.
Il aura ainsi une attirance très forte envers le parent de sexe opposé. Cette attirance est nommée « complexe d’Œdipe », du nom d’un jeune homme particulièrement compliqué. Le petit garçon voudra donc épouser sa maman, tandis que la petite fille sera très câline avec son papa ; elle délaissera ses occupations habituelles et rejettera ses poupées Barbie qui vivront alors un grand moment de solitude.
Normalement, tout rentre dans l’ordre progressivement, mais certains individus ne se remettent jamais de leur passion infantile pour les fossiles. L’apprentissage de la frustration en est perturbée et leur vie affective profondément marquée.
1- « Dinosaures, gros nazes… » sont en option.
D- DELIRE
Le délire est une perception (et une expression) de la réalité allant à l’encontre des normes de Bruxelles. C’est un compromis entre la souffrance morale et le monde extérieur.
Dans ce contexte, les mécanismes de défense sont en effet débordés ; le refoulement ne fonctionne plus et le psychotique appréhende l’environnement avec des outils psychiques défaillants.
Pour savoir si vous délirez, il faut relier ce que vous ressentez à la réalité objective.
Exemple : si votre chat se met à vibrer, il est possible qu’il frissonne de peur ou de froid. C’est cohérent. Par contre, si votre vibromasseur fait « miaou », c’est très surprenant ; vous délirez.
E- EROTISME
Les pulsions sexuelles, d’une puissance insoupçonnée, interfèrent dans notre vie psychique de façon permanente. Un ouvrage très volumineux ne suffirait pas à épuiser le sujet.
Nous pouvons juste évoquer quelques situations afin de montrer au lecteur les multiples facettes de ce domaine.
Exemple n° 1 : l’érotisme urétral, cette période où le bambin se console de ne plus être nourri au sein, en faisant l’apprentissage du plaisir sur son pot de chambre (stades génitaux de la petite enfance).
Exemple n° 2 : l’auto-érotisme, très présent dans le rallye Paris-Dakar. Les pilotes pratiquent en effet l’acte sexuel sur la banquette arrière de leur véhicule, afin de se protéger des scorpions qui grouillent dans le sable.
Exemple n° 3 : l’érotisme sublimé (ou masturbation intellectuelle). L’individu n’ayant pas accès à un(e) partenaire sexuel(le) sublimera ses pulsions sur un mode intellectuel. Pour les hommes, la testostérone sera ainsi concentrée dans la matière grise. Le profil-type en est l’académicien, le professeur de sociologie, le conseiller juridique… La facilité qu’ont ces personnes pour sodomiser les mouches les rendent très précieuses dans les travaux de précision.
F- FANTASME
Le fantasme est une construction psychique imaginaire teintée d’irréalisme (et d’interdit). Il nous fascine et reflète nos peurs et nos aspirations inconscientes. Quelques exemples :
- Le fantasme du soignant dans sa toute-puissance thérapeutique (ou « syndrome de Zorro »), qui s’imagine sauver l’humanité souffrante et laisser un monde radieux derrière lui, à la fin de sa journée de travail.
- Le fantasme de l’homme politique croyant être en phase avec la société, alors qu’il vit sur une autre planète.
- Les fantasmes criminels du salarié, martyrisé par son chef de service. N’étant pas assez psychopathe pour passer à l’acte, il exprimera son agressivité dans des circonstances plus propices (match de football, élections présidentielles, visite chez la belle-mère…). Ce phénomène est très proche de la sublimation, traitée aux lettres E et S.
- Le fantasme de la famille idéale qu’on nous déverse dans les sitcoms de TF1 et M6. Vous savez, les feuilletons où les enfants sont beaux, souriants, propres, polis, travailleurs, serviables, reconnaissants. Même que le chien, il s’essuie les pattes tout seul avant de rentrer à la maison.
G- GREFFE (DE CERVEAU)
Cette thérapie expérimentale est préconisée pour quelques personnes souffrant de troubles majeurs du comportement (conseillers militaires à la Maison Blanche, certains supporters de football, hérissons borderline).
Les candidats à cette opération sont sélectionnés selon des critères abordés à la lettre X. Cependant, les donneurs ne se bousculent pas au portillon, et la qualité des greffons est souvent très décevante ; la boîte crânienne des derniers volontaires prélevés ne contenait en effet que du silicone (Miss Poitou-Charentes) ou des toiles d’araignée (un énarque, major de sa promotion).
H- HYSTERIE
Ce terme médical, lié à des réactions émotionnelles disproportionnées, est teinté d’une connotation péjorative certaine. Dans la vie quotidienne, il concerne volontiers des gens que l’on n’apprécie pas et qui se font remarquer en public. Il ne s’applique jamais à la première personne. Ce trouble est souvent amplifié par certaines circonstances inhérentes au vécu de la personne.
Exemple de névrose hystérique : au soixantième anniversaire des Studios Disney, Blanche-Neige et Pinocchio ont sympathisé durant un cocktail et ont ensuite vécu une passion brève, mais torride. Depuis, Blanche-Neige a une peur panique des échardes et s’évanouit dés qu’elle touche le moindre objet en bois.
I- IGLOO
Lorsqu’un patient sort de l’hôpital psychiatrique, il peut vivre quelque temps en appartement de transition (avec d’autres personnes) en voyant régulièrement un(e) infirmier(e) de secteur. Cette étape lui permettra de souffler un peu avant de réintégrer la jungle où vit le commun des mortels.
Dans le grand nord canadien, ces appartements sont remplacés par des igloos. Les patients bénéficient par ailleurs d’activités thérapeutiques très spécifiques : chasse au mors, pêche à la baleine, courses de traîneaux… Les infirmiers de ces régions doivent donc avoir des qualifications pointues et suivre des formatons spécifiques.
Ils doivent également envisager une rencontre fortuite avec un ours polaire.
Si le cas se présente, il faut appliquer des consignes très précises décrites dans Le Manuel du soignant en mission sur la banquise (chapitre 4, alinéa 7). On devra prononcer les paroles suivantes : « Bonjour, Ours. Je ne suis pas un phoque, je suis ton ami. Je ne suis pas comestible. »
Si l’ours n’a rien à cirer des procédures administratives, vous pouvez courir et envoyer votre lettre de démission avant qu’il ne vous rattrape.
Quel foutu métier !
J- JEUX DE RÔLE
Dans les jeux de rôle thérapeutiques, on renonce à laver son linge sale en famille ; on le déverse plutôt sur le bureau du psychiatre. Cette démarche est entreprise afin de repérer les mécanismes psychologiques posant problème et de mettre ainsi fin aux schémas relationnels mortifères.
Cependant, les chemises ne ressortent pas aussi blanches que dans la pub, et la ménagère qui est censée sourire comme une débile légère, sort en larmes de cette épreuve. Les enfants, quant à eux, s’étripent joyeusement sur le carrelage. Lorsque la petite famille prend la porte, le thérapeute prend la migraine et il envisage de demander sa mutation dans le grand nord canadien. Après tout, les ours blancs…
K- KAYAK
Ça y est, vous avez craqué ; votre demande de mutation a été acceptée et vous encadrez une chasse au phoque (thérapeutique) dans votre kayak. Mais les budgets étant limités, vous n’avez pu suivre la formation relative à la conduite d’un tel engin ; vous chavirez sans cesse. Les patients que vous êtes censés accompagner sont nettement plus doués et se pissent dessus en vous voyant faire.
- Première découverte, concernant votre toute-puissance de soignant (évoquée à la lettre F) : vous pouvez vous asseoir dessus.
- Deuxième découverte, à force de boire la tasse : vous remettez en cause votre orientation professionnelle ; vous êtes dans l’ambivalence (voir lettre A). Bref, vous ne savez plus ce que vous voulez. En période d’élections, ce sentiment provoque des phénomènes d’alternance, voire de cohabitation.
- Troisième découverte ; l’eau est vraiment froide. Le réchauffement climatique est une notion qui vous paraît, soudain, très abstraite.
- Quatrième découverte ; un con de morse a percé votre kayak et vous devez rentrer à la nage. Vous pensez, rempli de nostalgie, à votre bon vieil hôpital psychiatrique où vous assistiez aux consultations avec le médecin. Après tout, les jeux de rôle…
L- LAPSUS
Le lapsus est un traître. Expression de notre inconscient (qui évacue ainsi ce qui lui pèse, sans trop s’emmerder avec les dégâts que cela occasionne), il torpille notre hypocrisie sociale et met à jour nos pensées les plus secrètes. Il peut prendre différentes formes.
Exemple : le lapsus matrimonial, redoutable. Imaginons que dans un élan amoureux, vous preniez votre femme au creux de vos bras virils et lui susurriez à l’oreille : « Caroline, ma chérie, tu es ravissante ce soir… »
Le problème, c’est que son prénom est Madeleine. En général, ce genre de dialogue est mal vécu par les épouses concernées et ressemble à une forme de suicide conjugal. Les dégâts collatéraux de ce gâchis sont décrits à la lettre T.
M- MARIAGE
Comme chacun sait, le mariage est l’union de deux personnes affrontant ensemble des problèmes qu’ils n’auraient jamais eus s’ils étaient restés célibataires. Dans ces conditions, le mariage a toute sa place dans cet abécédaire. Il faut être en effet fou pour se marier.
N- NEVROSE
Les névroses sont des affections mentales s’expliquant par la persistance de conflits non résolus, remontant à la petite enfance. Citons, pour illustrer le propos :
- La névrose obsessionnelle. C’est le besoin incoercible (dicté par une pensée obsédante) de répéter les mêmes gestes, afin de soulager sa tension psychique. Exemple : G.W.Bush bombardant régulièrement les « États voyous » ou ne pouvant s’empêcher de les dénoncer en public, de manière récurrente (Irak, Iran, Irlande, entre autres). (1)
- La névrose phobique. Le dragueur n’arrivant pas à ses fins, peut souffrir d’une forme de peur déplacée ; à force de se ramasser des râteaux, il aura une aversion profonde envers la pratique du jardinage.
1- En fait, j’ai un doute pour l’Irlande ; vérifiez l’info, c’est plus prudent.
O- OURS (DES PYRÉNÉES)
Les psychiatres français ont la même dynamique démographique que les ours des Pyrénées. Cette population médicale en déclin souffre en effet depuis des années ; la faculté de médecine est un milieu hostile et les conditions de travail sont très éprouvantes (les horaires, spécialement à l’hôpital, sont des plus élastiques). Le renouvellement de l’espèce n’est plus assuré.
Tous ces facteurs entraînent une pénurie de praticiens fort préoccupante, particulièrement dans le secteur public. La réintroduction d’individus en provenance de pays moins touchés par ce phénomène, est un des moyens utilisés afin de résoudre la question.
P- PARANOÏA
La paranoïa est un syndrome ou, plus grave, une psychose qui déforme la réalité de manière très douloureuse (déjà pour l’entourage). L’individu qui en est atteint prend tout au premier degré. Avec une température aussi basse, il trouvera donc que l’eau de la piscine est glacée et il ira volontiers donner un coup de boule au maître-nageur.
Demander du feu à un paranoïaque est une entreprise risquée ; si votre tête ne lui revient pas, vous pouvez vous ramasser une dose de lance-flammes.
Q- QUATRE
C’est le nombre d’étapes symboliques que l’on peut vivre avant de dépasser un deuil ou une épreuve traumatisante.
Les psychologues ont donc identifié le refus, la colère, la négociation et la tristesse.
Illustration : « Cette affreuse nouvelle m’a rendu incrédule, mais, très vite, je suis devenu fou de rage en pensant à ce fils de chien. »(1)
1- Emprunté à Comment j’ai digéré la réélection de G.W.Bush, par O. B. Laden (publié aux Éditions aéronautiques saoudiennes).
R- RETRAIT
Attitude que le soignant doit s’efforcer d’avoir dans son cadre professionnel. Ce retrait est actif et permet une écoute bienveillante. Il concerne les affects personnels (sentiments, émotions, préjugés…) que l’on s’efforce d’identifier et de maîtriser afin de ne pas brouiller la relation thérapeutique.
La technique du retrait peut s’appliquer, avec discernement, dans la vie quotidienne. Mais la vigilance s’impose ; si elle s’avère très pratique pour retirer des liquidités auprès des guichets automatiques bancaires, elle s’avère fort risquée dans le domaine de la contraception.
S- SUBLIMATION
(Voir également à la lettre E).
Mécanisme de protection névrotique qui permet de canaliser une pulsion agressive chronique dans une activité socialement reconnue. Cette énergie reste violente mais est « sublimée ».
Exemples de métiers concernés : boxeur, tueur dans un abattoir, président des États-Unis…
T- TRAUMATISME (EMOTIONNEL, PSYCHOLOGIQUE)
Certains traumatismes corporels peuvent provoquer des séquelles psychiques, voire des névroses d’angoisse (se référer à la lettre N). Ainsi, une personne ayant été bercée trop près du radiateur dans sa jeunesse, pourra être fortement perturbée à la vue du moindre appareil en fonte.
De manière plus générale, les chocs émotionnels font partie intégrante de notre vie affective, scolaire, professionnelle… Répétés trop fréquemment, ils peuvent déborder nos défenses psychiques et nous occasionner des problèmes en cascade ; céphalées, amnésie, dépression, impuissance, mésentente conjugale, divorce, querelle de voisinage, batailles de rues, insurrection, guerre civile, conflit nucléaire…
Afin de préserver la sérénité de chacun et, plus largement, la paix dans le monde, il convient de limiter au maximum le contact avec les individus les plus toxiques ; profs de maths, huissiers de justice, belles-mères, G. W. Bush…
U- URINAIRE (FONCTION)
Ce processus biologique est souvent perturbé dans certaines pathologies où l’individu éprouve un sentiment de toute-puissance (psychopathie, paranoïa, perversion, mythomanie…). Cet état particulier où l’on croit être le centre du monde provoque des effets secondaires variés ; l’œdème des chevilles, par exemple. Dans la rubrique qui nous intéresse, la personne « ne se sent plus pisser » et elle a intérêt (outre un psychiatre) à consulter un urologue de toute urgence.
V- VELPEAU (BANDE)
Elément essentiel de l’apprentissage de la frustration, très utile dans certaines pathologies. Lorsqu’un borderline, par exemple, n’arrive pas à ses fins, il est rapidement contrarié ; il a « les boules », comme dit l’expression populaire. Notre ami le hérisson trouvera bénéfice à appliquer de la glace sur son cou, dans la région des amygdales. Le tout maintenu avec une bande Velpeau.
W- WARGAME
(en anglais « jeu de guerre »)
Simulation guerrière, actuellement pratiquée à l’aide de jeux vidéo. Si beaucoup d’utilisateurs canalisent ainsi leurs pulsions agressives, d’autres cultivent de cette manière un certain goût du risque. Cette mise en péril jubilatoire est commune à plusieurs pathologies : névrose de culpabilité, psychopathie, syndrome dépressif à tendance suicidaire… Au quotidien, les individus concernés n’hésiteront pas à se mettre dans des situations impossibles ; rouler à contresens sur l’autoroute, faire l’amour dans un ascenseur, déjeuner au Mac Do, etc.
A noter : les sujets très atteints auront volontiers une profession en rapport avec cette attirance pour le danger ; mercenaire, dompteur de fauves, prof de collège en ZEP… Ceux dont le cas est le plus grave feront des choix radicaux et iront jusqu’à se marier ! Certains auront même des enfants.
X- RAYONS « X »
On utilise les rayons « X » pour sélectionner les candidats à la greffe de cerveau (voir lettre G). Dans le monde du ballon rond, cet examen s’avère très pratique.
Si la plupart des amateurs de football sont des gens éminemment respectables, ce n’est pas le cas de certains d’entre eux à qui l’on propose une radio de la tête, à visée diagnostique. Chez les supporters les plus perturbés, l’image radiologique fait volontiers apparaître une araignée collée au plafond de la boite crânienne. Notons que, chez les tenants du PSG, ladite araignée revêt un maillot aux couleurs d’une marque de bière bien connue.
Pour les inconditionnels de l’OM, c’est un peu différent. On retrouve plutôt une casquette vantant les mérites d’une boisson anisée.
Y- YAKA-FOKON
Expression souvent utilisée dans un contexte « d’injonction paradoxale ». Ce terme barbare désigne une consigne orale contradictoire où l’auditeur reçoit des informations simultanées incohérentes (du genre « je t’aime, je te déteste – je t’autorise, je t’interdis »).
Si, à l’armée, ces messages font partie du folklore militaire (l’ordre et le contre-ordre en même temps), dans un cadre éducatif, ils sont déstabilisants et sources de confusion psychologique.
Depuis quelques temps, l’injonction paradoxale est pratiquée à grande échelle en France ; le gouvernement incite en effet les seniors à rester actifs le plus longtemps possible.
« Yaka retarder votre départ à la retraite ; après tout, vous avez de l’expérience, votre capacité de travail est très précieuse pour le pays… »
Mais les entreprises tiennent un autre discours.
« Fokon vous dise… vous avez quand même cinquante ans ; vous n’allez pas venir au boulot avec un déambulateur ; laissez donc la place aux jeunes ! »
Cette schizophrénie nationale est en forte croissance et semble promise à un bel avenir.
Z- ZOOPHILIE
La zoophilie dépasse de très loin la sympathie que l’on peut éprouver envers son ours en peluche ; ce terme s’applique à des individus recherchant des partenaires sexuels dans les parcs zoologiques.
C’est là, par exemple, que nous retrouvons le hérisson borderline ; celui-ci est en effet souvent déçu par le comportement de sa poupée gonflable. Si, en plus, il est en panne de rustines, il ira volontiers chercher du réconfort auprès de la femelle porc-épic du zoo de Vincennes. Ceci dit, monsieur porc-épic ne manquera pas de lui mettre une branlée, ce qui renforcera encore sa frustration (voir lettre V).
Vraiment, être zoophile, quelle vie de chien !
Didier Morisot
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