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18|06|2010

Le gouvernement accentue la pression sur l'Ordre infirmier

Roselyne Bachelot a fait savoir que si l’instance ne baisse pas sa cotisation, elle continuera à militer pour réserver l’adhésion obligatoire aux libérales. Un conseil national extraordinaire de l'ordre devrait se prononcer le 1er juillet.

Mardi, lors des questions orales au Sénat mardi, le secrétaire d'Etat chargé de la Coopération, Alain Joyandet, qui répondait pour Roselyne Bachelot, a expliqué qu'une «très forte majorité des infirmiers n'ayant pas réglé leur cotisation en 2009» seraient «nombreux à recevoir un appel de cotisation de 150 euros». «Même si l'Ordre infirmier est indépendant pour fixer le montant de la cotisation, une telle perspective n'est ni raisonnable, ni acceptable», a-t-il déclaré.

«Il ne faut pas que les infirmiers soient inquiétés dans leur exercice quotidien; nous ne devons pas non plus accepter que les employeurs soient menacés de “complicité d'exercice illégal de la profession”. Nous ne pouvons imaginer que le système de santé s'interrompe au motif que des acteurs de premier plan, à savoir les infirmières et les infirmiers, n'auraient pas tous réglé leur cotisation», a-t-il complété.

«C'est la raison pour laquelle la ministre de la Santé et des Sports s'est exprimée en faveur de la proposition de loi (...) tendant à limiter le champ de l'inscription obligatoire aux seuls infirmiers libéraux, pour lesquels l'Ordre est très utile», a-t-il rappelé.

«D'ici au débat sur cette proposition de loi, il est possible et souhaitable que le Conseil national de l'Ordre infirmier fasse un pas vers la raison, en proposant notamment une cotisation réduite pour les personnels salariés», a ajouté Alain Joyandet, estimant que l'Ordre pouvait «accéder à une telle demande en construisant son budget de façon pragmatique, à partir de ses recettes certaines et non des dépenses qu'il souhaite engager». Il a ainsi laissé entendre que si l'Ordre acceptait de baisser la cotisation, le gouvernement pourrait revoir sa position sur la proposition de loi.

Ultimatum?
Ces propos corroborent ceux de la présidente de l'Ordre infirmier, Dominique Le Bœuf, qui a organisé une conférence de presse mercredi matin, au lendemain de la tenue d'une réunion du Conseil national de l'Ordre infirmier. Elle a expliqué que l'Ordre avait reçu la visite des députés Pierre Méhaignerie (UMP, Ille-et-Vilaine), président de la commission des affaires sociales, et Richard Mallié (UMP, Bouches-du-Rhône), membre de la mission de médiation sur l'Ordre infirmier.

Cette mission de médiation avait été lancée par Pierre Méhaignerie et conduite par Bérengère Poletti (UMP, Ardennes) et Richard Mallié. La présidente de l'Ordre infirmier a indiqué lors de la conférence de presse que Bérengère Poletti aurait décidé de quitter cette mission après que Roselyne Bachelot a annoncé son soutien à la proposition de loi d'Yves Bur.

Elle a également rapporté que Pierre Méhaignerie aurait indiqué mardi devant le Conseil national de l'Ordre infirmier que la ministre de la Santé était «arc-boutée sur le sujet» et que l'Ordre serait «réduit». Il aurait toutefois assuré qu'il pourrait les aider, mais qu'il fallait prendre des décisions de baisse de la cotisation. Il aurait aussi ajouté qu'il était «prêt à nous enlever des missions (...) pour nous aider à coûter moins cher». «On a dit qu'on allait réfléchir, il fa[llait] faire des modélisations budgétaires», a expliqué Dominique Le Bœuf.

Mais après le départ du député, le représentant de la direction générale de l'offre de soins (DGOS) «a lu un mot de la ministre», a-t-elle rapporté, précisant qu'elle n'avait pas eu copie de ce message et qu'elle ne pouvait en donner que l'esprit. «L'esprit, c'est simple, c'est, si vous ne vous décidez pas ce soir et si vous ne baissez pas, (...), je vous élimine, (...) -c'est-à-dire que l'on va réduire l'Ordre aux libéraux- (...) et vous en porterez la responsabilité», a-t-elle rapporté, regrettant de ne pas avoir été contactée par le cabinet de la ministre.

Non à la « mort douce »
La lecture du message de la ministre a surpris l'ensemble du conseil, a-t-elle expliqué. Dominique Le Boeuf a qualifié la situation d'«ubuesque». La présidente de l'Ordre a également affirmé que le ministère aurait indiqué qu'il ne sortirait pas le décret sur l'inscription automatique, ni le code de déontologie, tant qu'ils n'auraient «pas cédé».

Elle a précisé qu'il avait été décidé la tenue d'un conseil extraordinaire le jeudi 1er juillet, mais s'est dite «pessimiste», précisant qu'elle préférait une «mort violente» qu'une «mort douce», c'est-à-dire avec une cotisation faible qui ne lui permettrait plus de fonctionner. Elle a ajouté que les autres ordres étaient «très ennuyés».

Elle a indiqué qu'elle allait demander aux conseils départementaux de contacter les députés localement pour les mobiliser de nouveau sur ce sujet. Roselyne Bachelot avait demandé une cotisation de 20 euros lors de son intervention à l'Assemblée nationale à la mi-mai, rappelle-t-on.

Selon Dominique Le Boeuf, les parlementaires auraient indiqué que cette proposition de loi ne serait pas discutée avant septembre. Aucune date n'est fixée pour l'instant pour l'examen de cette proposition, a-t-on appris de source parlementaire.

(APM)

 



Pas de double cotisation pour le moment

Les infirmières qui ne se sont pas inscrites à l'Ordre lors de la campagne 2009-10 ne paieront que la cotisation 2010-11 pour l'instant, a affirmé Dominique Le Bœuf mercredi. Elle a expliqué qu'elle avait lancé d'abord une campagne de renouvellement de la cotisation pour les infirmières qui sont déjà inscrites. Elles pourront payer en trois fois et en ligne à partir de fin juin.

«Nous avons également réalisé une relance d'inscription au tableau pour toutes celles qui ne sont pas inscrites: pour l'instant, cette relance concerne la cotisation 2010-11», a-t-elle ajouté, précisant que ces dernières ne payeront donc que la cotisation 2010-11.





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Les dernières réactions

Date : 30/01/2011 de jean louis durand

j'ai eu peur  d'avoir a payer pour travailler ( salarié )  donc  j'ai pris ma  retraite  -  je le regrette un peu  vu que j'ai toujours des propositions pour assurer des remplacements ponctuels,                 comme   pour le moment   on n'est toujours pas  obligé de s'inscrire  ni de payer rançon au désordre infirmier   -  s'acquitter d'une cotisation  pour  payer    grassement des gens  qui n'ont plus été auprès des patients depuis des decennies et qui se planquent pour  émettre des oukases  depuis les luxueux locaux du  conseil du desordre infirmier   non  merci



Date : 11/07/2010 de Anonyme, Infirmier(e) de santé au travail - Paris

regardez sur le site de l'Apec: l'ordre IDE recrute et a recruté plusieurs salariés; comment va-t-il les payer???



Date : 10/07/2010 de Valérie

Je suis inscrite à l'ordre des infirmières depuis le premier appel à cotisation. 75 euros par an c'est une somme, effectivement. 

Je suis syndiquée depuis des années et je paye 100 euros par an. Il est vrai déductible des impôts...  

Pourquoi tant d'interrogations sur l'ordre :  perte de pouvoir  de la part des syndicats et autres groupes de pressions dont j'ignore le nom.  

Il nous faut un ordre pour :

-défendre notre profession . L'ordre c'est déjà positionné sur certains sujets. 

- revaloriser notre diplôme et notre salaire. Notre bac + 3, c'est à nous de le défendre (les syndicats défendent l'ensemble des salariés).

- que nous soyons maîtres de notre avenir et non sous la tutelle d'autres professionnels. 

Confraternellement . 



Date : 01/07/2010 de nadine sutto, Infirmier(e) en milieu hospitalier - caignac
l'ordre infirmier c'est vraiment du n'importe quoi... et s'il en fallait une preuve nous l'avons sous les yeux avec ces manigances de pouvoir...nous sommes mieux reconnu(e)s sans ces petits chefs, tous les jours aux chevet de nos patients dans l'exercice de notre métier.Débarrassez nous de ces pseudos bien pensants qui en fait ne pensent qu'à se faire reconnaitre individuellement. La profession souhaite une reconnaissance financière n'ayons pas honte de le dire. Je ne cotiserai jamais pour aller travailler et me soumettre à une autorité que je ne reconnais pas. nadine sutto

Date : 28/06/2010 de jiaime
Ben voyons , pourquoi pas non plus une cotisation pour pouvoir travailler . Ubuesque comme situation , car il y a des milliers de collègues qui n'ont pas réglé cet "impôt" et qui ne le règlerons pas . C'est du grand n'importe quoi puisqu'il existe déjà au niveau des caisses le Contentieux du contrôle technique , et que dans chaque conseil régional de l'ordre des médecins existe : La section des assurances sociales du conseil régional de l'ordre des médecins , qui est en fait une formation juridictionnelle , en fait un tribunal qui est à la fois juge et partie pour les infirmiers ( ères ) ; donc le conseil de l'ordre des infirmiers c'est de la poudre aux yeux pour valoriser une profession en essayant de nous faire croire que l'on joue dans la cour des toubibs . Restons simples et ne pas engraisser des pseudos p'tits chefs qui ne ferons qu'entériner ce que les toubibs et les médecins contrôleurs auront décidé. Si il existait un infirmier - conseil , comme les médecins - conseils , ou les dentistes - conseils: OK , sinon rien.

Date : 25/06/2010 de dominique
Les imbéciles (ceux ayant payés leur cotisation 2009-2010) comptez-vous ! En effet, j'ai tout d'abord tendance à regretter d'avoir payé ma cotisation l'an dernier puisqu'elle pourrait ne pas être exigée de ceux ne l'ayant pas payée. Ensuite, si je trouvais déjà très injuste une cotisation égalitaire entre les différentes catégories professionnelles (salariés / libéraux), je trouve encore plus injuste l'éventualité de ne rien réclamer à ceux qui ne se sont pas acquittés de leur cotisation 2009-2010.

La cotisation 2010-2011 payable en trois fois ? En ce qui me concerne, elle sera payée en zéro fois. J'ai bien compris que rien ne me sera réclamé l'an prochain...



Date : 19/06/2010 de Newt

Nous les infirmiers salariés, ne savons plus sur quel pied danser!

Je ne suis pas anti ordre, loin de là, mais avouez que tout cela parait "bataille rangée", ou l'on ne comprend plus où sont les enjeux....

Mais j'avoue, je trouve cette cotisation exorbitante, à l'heure de la crise, et des économies forcées et permanentes....

J'avoue que j'ai envie d'attendre juillet, vu que j'ai cotisé l'année dernière, que la plupart de mes collègues non, et on ne leur fait pas de rappel!!!Qu'est ce que je risque?




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