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17|11|2010

Quelle formation à l'avenir
pour les infirmiers de psychiatrie ?



Le Salon infirmier a été l'occasion de réfléchir à la forme que pourrait prendre une future formation de spécialisation infirmière en psychiatrie, largement plébiscitée. S'agira-t-il d'un master? Pas sûr...

Quelle doit être demain la formation des infirmiers exerçant en psychiatrie? Si la question a été posée lors d'une conférence au Salon infirmier qui s'est tenu du 3 au 5 novembre à Paris, c'est que tout le monde s'accorde à dire que la situation actuelle n'est pas satisfaisante.

Arrivant progressivement à l'âge de la retraite, les soignants titulaires du diplôme d'infirmier de secteur psychiatrique, disparu en 1992, sont en voie de disparition. Quant au programme de tutorat prévu par le Plan psychiatrie et santé mentale 2005-2008, il est loin d'avoir fait ses preuves, comme le rappelle Danièle Hengen, infirmière en psychiatrie depuis trente ans. En outre, le grand turn-over des infirmiers dans les services psychiatriques fait que même lorsqu'elle a fonctionné, la transmission de savoir-faire finit souvent par se perdre.

Consensus

Or le besoin de formation spécialisée se fait plus que jamais sentir. « Je sens que je manque de clés », témoigne Elodie Gicquel, étudiante en 3e année à Tours. Bien décidée à exercer en psychiatrie, la jeune femme a fait tous les stages qu'elle a pu dans des services spécialisés, mais juge pourtant le socle commun du DE insuffisant pour être à l'aise et efficace dans son futur métier. « La pratique infirmière en psychiatrie est déstabilisante car nous n'avons pas de fiche technique pour réaliser un soin », abonde Pierre Malgouyres, fondateur du Centre infirmier Saint-Alban, expérience toulousaine regroupant des infirmiers libéraux spécialisés en santé mentale.

De fait il y a consensus au sein de la profession pour dire que le supplément de formation le mieux adapté aux infirmiers de psychiatrie serait un master (1). Pour Danièle Hengen, cadre de santé au centre hospitalier de Martigues et membre de la Coordination nationale infirmière (CNI), ce diplôme universitaire de niveau bac+5 aurait au moins trois vertus : il apporterait une revalorisation salariale à ses titulaires, supposerait une reconnaissance de l'exercice infirmier en psychiatrie et permettrait un élargissement du champ d'exercice, tel que le développement d'un exercice libéral en psychiatrie, voire le transfert de certaines compétences du psychiatre et du psychologue vers l'infirmier comme la possibilité de renouveler des prescriptions de psychotropes pour des pathologies mentales chroniques.

Concurrence

Quant à savoir quel pourrait être le contenu d'un master de spécialisation infirmière en psychiatrie, nul ne peut encore le préciser. Tout juste l'Ordre national des infirmiers s'est-il prononcé en faveur d'une première année d'approfondissement clinique et d'une seconde année de pratique avancée en psychiatrie. De toute façon, le chemin est encore long tant la mise en concurrence des spécialités éligibles à la masterisation en sciences infirmières promet d'être rude. « Compte tenu de l'état des finances de la santé », la revalorisation salariale liée à l'obtention d'un master va être l'un des principaux freins à sa création, pronostique Danièle Hengen. « On peine déjà à obtenir le master pour les spécialités existantes », renchérit la présidente de la CNI Nathalie Depoire, « alors pour en faire reconnaître de nouvelles, il faudra une forte mobilisation des professionnels », prévient-elle. « La balle est dans notre camp ! »

Cécile Almendros

1- Voir à ce sujet les conclusions de la commission Couty en 2008, du rapport Milon en 2009 ou encore le rapport de synthèse de l'Ordre national des infirmiers en mars 2010.





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Les dernières réactions

Date : 21/12/2010 de kambi
en ma qualité d'infirmier psy aux comores dans un centre hospitalier de reference,j'aimerai avoir une formation continue pour une bonne prise en charge

Date : 20/12/2010 de Visiteur, infirmier(e) en milieu psychiatrique - cléguerec

j'aimerai relativisée vos propos, qui résume le débat à une guerre entre syndicats, CNIetc,...

Il faut garder en tête l'objectif qui est de développer la filière infirmière psy qui s'est appauvri au détriment de la technique. Jeune DE qui exerce en psy, on voit bien qu'on est pas suffisamment armé en sortant de l'ifsi, même si on prèfere la psy. Malgré l'année de tutorat & la consolidation des acquis en psy on est pas pour autant des infirmiers psy de chocs.

toutefois ces deux moyens permettent de nous rassurés nous jeune DE voulant travailler en psychiatrie.

Aussi je pense qu'il est plus préférable de discuter du contenu de cette spécialisation que de ses finances.

cordialement

samira jeune DE en psy depuis 2 ans



Date : 23/11/2010 de jcc
Bonjour, La conférence évoquée par cet article ayant été assurée par la CNI, il est logique que l'article site l'organisation Il est vrai que nous trouvons rarement des conférences assurée par Sud...la critique est sans doute plus aisée que de s'exposer aux débats Vous avez votre opinion sur la CNI et elle vous appartient... Nous tenons juste à repréciser que la CNI si elle s'est battue et a obtenu la réouverture des négociations vers le LMD en 2007 ne cautionne absolument pas le protocole d'accord de revalorisation et dénonce le droit d'option proposé Elle a d'ailleurs lancé nombre d'appel à ce sujet depuis le début 2010... Mis à part derrière les IADE, je n'ai pas beaucoup vu Sud Santé dénoncer l'article 37 Mais plutôt que de polémiquer syndicalement mais stérilement, ne pourrions nous pas envisager de chacun oeuvrer professionnellement à la reconnaissance de la filière infirmière ? Salutations syndicales Nathalie Depoire, présidente CNI.

Date : 21/11/2010 de Visiteur
Es ce un désir du ministère de la santé ou celui des professionnels de la psychiatrie ?Et surtout qu'elle la place de l'apport actuel de la psychiatrie dans les études d'infirmiers(res)? après avoir été relégué au ban de la profession ,nous aurions droit maintenant a un master !! Je serais surement plus de ce monde quand ça existera ,si ça existe un jour .Pour l'instant il faut plus de personnel et on attend toujours ,de jeunes infirmiers(res) motivés(ées) sont bienvenue car c'est un métier (comme beaucoup) que l'on apprend sur le terrain ,en apprenant a écouter non seulement les personnes en souffrance psychique mais aussi leur vieux collègues. De l'humilité bordel !!! 

Date : 18/11/2010 de Christian Lacault

Stop, stop ou encore...

Cela suffit. Je vois que les seuls concernés dans ctte discussion sont encore les sempiternels CNI, ordre infirmier et co.

La "réforme" menée tambour battant du passage en catégorie A avec son cortège d'inepties n'a t'il pas suffit? Il NE FAUT pas négocier ce genre d'avancées sans négocier conjointement les revalorisations salariales et les modifications du travail qu'elles vont entrainer (sous entendu: les responsabilités qui vont avec). Le discours tenu pendant les discussions sur le passage en catégorie A a été le même que celui tenu: diplôme supplémentaire=salaire supplémentaire... Des promesses qui n'ont pas été tenues. J'ai tenu ce discours sur infirmier.com pendant des mois, et j'ai été pris pour un rabat joie qui ne comprends rien à rien.

Et bien mesdames et monsieur les fossoyeurs des infirmiers, le rabat joie avait raison. Remettons la CNI au rang de ce qu'elle est c'est à dire une organisation corporatiste qui ne fait rien au mieux, et fait mal, au pire. Renvoyons l'ordre infirmier aux poubelles de l'histoire et apprenons à penser autrement et de façon neuve autrement qu'en singeant les médecins car cela nous dessert.

Christian Lacault

Infirmier DE au CH Montperrin d'Aix en Provence, représentant du Contre Ordre Des Infirmiers, syndiqué à SUD Santé




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