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Lieux d'exercice : seule, mais pas isolée

Travailler en solo ou en collectif, intervenir directement à domicile ou par le biais d’un réseau ou d’un établissement de santé… L’exercice libéral a plus d’une corde à son arc.

Réseaux de soins, établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), service de soins infirmiers à domicile (Ssiad), maisons de santé… L’éventail des lieux d’intervention semble s’élargir de plus en plus au fil des années. Et la tendance devrait se maintenir, comme en témoigne le discours de Xavier Bertrand lors de la 14e journée de l’hospitalisation à domicile (HAD) le 9 décembre 2010. Le ministre du Travail et de la Santé y voit en effet un « secteur d’excellence », un « secteur d’avenir » et un « secteur désormais reconnu comme une activité de soins à part entière ».
A priori, la conjoncture est positive pour les infirmières libérales. Du moins, si cette nouvelle clientèle à domicile leur reste accessible. Car dans la pratique, la concurrence avec les services de type Ssiad peut s’avérer délicate. « Chez nous, il a fallu recadrer la situation, reconnaît Annyck Wostyn, IDEL à Châtillon-en-Diois (26). L’HAD attirait tous les patients qui sortaient de l’hôpital. On leur annonçait le passage d’une aide-soignante sans même leur signaler qu’ils pouvaient choisir d’appeler une infirmière libérale. » De quoi s’interroger sur l’équilibre à trouver dans ce domaine.
 
Travail en solo ou en équipe ?

C’est dans ce contexte que l’infirmière libérale doit désormais s’inscrire. Sur les 77 190 professionnelles recensées dans le répertoire Adeli au 1er janvier 2010, la majorité avaient opté pour le travail en cabinet individuel, soit près de 57% d’entre elles.
Elles étaient en revanche près de 34% à exercer en cabinet de groupe et 6% en société. Selon la forme juridique choisie, cette option offre divers avantages : le partage des frais de fonctionnement pour la société civile de moyens (SCM), le partage des honoraires pour les sociétés de fait (SDF) ou civile professionnelle (SCP). De plus, « quand on travaille en équipe, on peut s’entraider, se remplacer à tour de rôle, faire des réunions de synthèse », ajoute Annyck Wostyn après ses quelque trente années d’expérience en libéral.
Reste à savoir dans quels lieux les IDEL interviennent. Selon le répertoire Adeli, elles ne seraient qu’une minorité à fournir exclusivement leur service à des établissements de santé, pas plus de 3%… Cela étant, bon nombre d’infirmières libérales répartissent leur activité entre différents lieux, qu’il s’agisse de domiciles particuliers ou de structures sanitaires.
 
A domicile ou en structure ?
 La prise en charge directe au domicile du patient peut présenter une configuration très variée. Si l’intervention s’effectue sur demande du malade lui-même ou de sa famille ou si les soins sont réalisés sur mandat d’un Ssiad ou d’une HAD, voire d’un réseau de santé, les conséquences pratiques diffèrent beaucoup. Ne serait-ce que le sur le plan de la facturation, qui transite par le service mandataire le cas échéant (au lieu d’être gérée directement par l’infirmière). Et tout ceci est, en règle générale, calculé en fonction de la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP). « C’est plus confortable quand l’HAD ou le Ssiad se charge de régler tous les problèmes d’intendance », glisse en outre Annyck Wostyn. A noter également : la possibilité de recevoir les patients qui peuvent se déplacer au cabinet, un local rendu obligatoire depuis 1993.
Il arrive par ailleurs d’intervenir en hébergement collectif, comme des maisons de repos ou de retraite, sans pour autant être salarié des structures d’accueil. « Jusqu’en 2002, certains infirmiers avaient la quasi-totalité de leur clientèle en établissement, rappelle cependant David Guillon, IDEL à Nice (06). Des modifications dans le cadre de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) ont forfaitisé les interventions des professionnels de santé dans les Ehpad. »
Pour sûr, l’exercice en libéral présente de nombreuses facettes toutes aussi enrichissantes les unes que les autres. A chacun de trouver ses marques et le dispositif qui correspond le mieux à ses souhaits et au bassin de vie de son lieu d’implantation.

Marjolaine Dihl





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