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Recruter une infirmière: le défi de la pénurie
Une demande croissante, une offre insuffisante : voici la situation vécue par un DRH ou un directeur des soins lorsqu’il recrute une infirmière.
Le recrutement permanent. Pénurie oblige, certains établissements sont en permanence en situation de recrutement: soit parce que la structure, isolée et peu attractive, ne reçoit pas assez de candidatures, soit parce que le turn-over est important. «Il peut s’écouler jusqu’à dix-huit mois entre le dépôt d’une annonce et le recrutement, soupire Marie-France Georgelin, directrice de l’Ehpad de Saint-Séverin, à Château-Landon, en Seine-et-Marne. Parmi les infirmières, il y a aujourd’hui un manque d’attrait pour les personnes âgées, elles ont peur de perdre leur technique.»
Les grandes structures hospitalières, elles aussi, sont confrontées à un besoin permanent pour alimenter tous les services en personnel. «Le bureau des emplois paramédicaux est dévolu à 90% au recrutement infirmier», note Christine Borreani, cadre supérieure de santé chargée de cette mission pour l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM).
Faites connaître votre démarche. Les moyens ne manquent pas pour donner de la publicité à une offre d’emploi: dans les magazines professionnels, la rubrique des annonces classées est souvent la plus lue. Dans les établissements ruraux et isolés, il est utile de se tourner également vers les petites annonces de la presse quotidienne régionale. Les grands rendez-vous professionnels (Salon infirmier, journée du recrutement…) et les opérations d’information dans les Ifsi, les plus souvent à l’automne, permettent aussi de prendre contact avec les futurs diplômés.
Utilisez les ressources de votre établissement. Les cadres de santé travaillant dans votre structure peuvent être des relais précieux s’ils sont également formateurs dans un Ifsi. De même, les étudiants ayant effectué un stage chez vous constituent des candidats potentiels, s’ils ont apprécié leur expérience.
Attribuez des bourses. En cas de difficultés chroniques de recrutement, la solution de l’allocation d’études ne doit pas être négligée: vous versez alors une bourse d’études à un étudiant, qui s’engage à venir travailler chez vous une fois diplômé, pour une durée égale à celle de perception de l’allocation. S’il vous fait défaut, il est alors contraint de rembourser les sommes qu’il a perçues.
L’intérim. Quand le besoin est urgent, les entreprises d’intérim peuvent constituer une ressource précieuse, pour des remplacements ponctuels. Prenez garde, toutefois, à ne pas y vous y prendre trop tard.
Et l’étranger ? Cela peut être une solution, mais attention à bien vérifier les conditions de validation du diplôme.
Les chasseurs de tête. Les cabinets de recrutement sont également sollicités par le secteur privé et associatif, notamment pour les besoins en infirmières qualifiées et expérimentées. En général, le cabinet fait passer un entretien au candidat et propose ensuite son dossier à un établissement.
Facilitez les entretiens. Peu de structures peuvent se permettre d’être trop sélectives dans le choix des CV, sauf en cas de besoins très spécifiques. L’AP-HM convoque ainsi «neuf candidats sur dix». Lorsque Christine Borreani reçoit un candidat, elle l’interroge d’abord sur son projet professionnel, son parcours et l’image qu’il a de l’AP-HM, afin de déterminer le poste qui lui sera proposé. Un entretien plus spécifique se déroule ensuite, parfois le jour même, avec le directeur des soins et le futur supérieur hiérarchique, et une visite du service est organisée dans la foulée. « Si le poste n’intéresse pas le candidat, un nouvel entretien a lieu pour mieux cerner ses attentes », indique Christine Borreani.
Evaluez le candidat. Demandez aux jeunes diplômés de venir avec leur dossier scolaire le jour de l’entretien. Pour les infirmières ayant une expérience dans le public, les trois dernières notes et les relevés d’absence permettent de se faire une idée des qualités professionnelles des candidats. En ce qui concerne les infirmières venant du privé, c’est l’entretien qui est déterminant.
Mettez votre structure en valeur. Les grilles salariales figées empêchent en général d’avancer l’argument de la rémunération pour convaincre une infirmière de rejoindre le service, sauf, parfois, en ce qui concerne les infirmières de santé au travail dans les entreprises privées.
Dès lors, ce sont les qualités de la structure qu’il convient de mettre en valeur: «Nous leur parlons de la variété des spécialités et des services de l’AP-HM, raconte Christine Borreani. Par exemple, nous pouvons proposer de travailler en hépato-gastro-entérologie avec une sous-spécialité sur le foie… Travailler dans une structure qui dispose de techniques de pointe peut être très enrichissant. Les possibilités d’évolution et de formation sont également mise en avant.» Outre le plan de formation de la maison de retraite de Saint-Séverin, Marie-France Georgelin, elle, insiste sur l’attractivité des locaux, du matériel et de l’équipe.
Ne cédez pas sur l’essentiel. Si les besoins du service exigent des horaires décalés ou un travail le week-end, soyez intransigeant, même si cela rend le recrutement plus difficile.
A. L. G.
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