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La violence, plaie persistante à l’hôpital

Une infirmière d’accueil des urgences agressée verbalement et victime d’un lancer d’imprimante de la part d’un patient impatient. Une mère qui s’entend dire « Votre fils coûte déjà bien cher à la Sécurité sociale, et ceci depuis sa naissance ». Un chirurgien reprochant à un enfant de 14 ans d’être obèse (« Pourquoi je t’ai opéré ? De toute façon tu es entouré de graisse et tu vas bientôt crever »). Un anesthésiste menacé de mort… La synthèse d’activité 2010 du pôle Santé et sécurité (P3S) des soins du Médiateur de la République a de quoi interpeller. Tout en soulignant que la plupart des situations dont il a été saisi sont loin d’atteindre une telle gravité, le P3S signale une augmentation des cas de maltraitances ou de violences. En 2010, ils ont représenté 20% des 13723 requêtes reçues, contre 15% en 2009. Parmi l’ensemble de ces signalements, 18% émanaient de professionnels de santé.
Cellule d’accompagnement
Concernant la violence subie par les patients, le P3S juge sans ambiguïté que la violence « se manifeste de plus en plus régulièrement à l’égard des professionnels de la santé et du secteur médico-social ». Il relaie à ce propos des chiffres de la Société hospitalière d’assurance mutuelle (Sham) constatant une hausse de 25% des agressions physiques et verbales déclarées entre 2008 et 2009.
Le P3S saisit l’occasion pour rappeller qu’il a mis en place en septembre 2010 « une cellule d’accompagnement et de soutien des professionnels qui intervient dans la prise en charge du stress post-traumatique », dans des situations de « rupture de dialogue avec les acteurs concernés ».
Plus rassurant, cette synthèse montre que l’information remonte de plus en plus facilement aux services du Médiateur de la République (1). 13 723 requêtes, c’est presque le triple des 4800 cas signalés en 2009 au P3S, créé en 2008. En 2010, 2 175 dossiers ont donné lieu à « une analyse approfondie des pièces médicales et/ou une rencontre physique des acteurs concernés », par exemple via l’intervention d’un médecin médiateur.
Événements indésirables, laïcité, loi Leonetti…
Plus généralement, le P3S souligne la grande diversité des situations de tension observées à l’hôpital. Les événements indésirables médicaux ou chirurgicaux restent en tête des signalements (39% du total). Les infections associées aux soins représentent 14% des requêtes, et le non-respect des droits des patients (y compris les cas de discrimination et de non-respect de la déontologie) comptent pour 9%.
Le document alimente aussi la réflexion sur de nombreux enjeux : combattre « l’usure des professionnels »; mieux faire connaître la loi Leonetti sur la fin de vie ; mieux faire respecter la laïcité (le texte relève une augmentation du nombre de soignants arborant des signes religieux ostensibles) ; ou encore favoriser l’accès aux soins des détenus.
Nicolas Cochard
1- Le Médiateur de la République sera bientôt intégré à une institution plus large : le Défenseur des droits.
Numéro Azur du Pôle Santé et sécurité des soins : 0 810 455 455 (prix d’un appel local).
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