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Rapport Hénart : infirmières aujourd’hui,
praticiennes de soins demain ?

Laurent Hénart, rapporteur de la mission
sur les nouveaux métiers en santé (au centre),
entouré de Valérie Pécresse et du Pr Yvon Berland,
corédacteur du rapport.
« Jusqu’à l’horizon 2030 nous allons devoir faire face à un creux démographique de quasi toutes les professions de santé. C’est à cette date que nous retrouverons le même nombre de médecins qu’en 2000. Cependant, la densité médicale par habitant restera inférieure de 10 à 15 %. Chez les chirurgiens-dentistes, ce déficit atteindra 40 % », a indiqué Laurent Hénart, député de Meurthe-et-Moselle, le 2 février, lors de la remise de son rapport relatif aux métiers en santé de niveau intermédiaire à Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la santé et Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Dans ce contexte tendu, verra-t-on bientôt des Ibode effectuer des actes chirurgicaux ? Et les IDE prendre en charge le suivi de patients transplantés ou assurer une partie de la prise en charge médicale de patients atteints de cancer ou de pathologies neurodégénératives ? La réponse est probablement oui.
C’est en tout cas ce que préconise fortement le rapport Hénart, document de 126 pages corédigé par le Pr Yvon Berland, président de l’université Aix-Marseille II et Danielle Cadet, coordonnatrice générale des soins à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, avec la création de nouveaux métiers de la santé fondés sur des pratiques avancées : les professionnels paramédicaux praticiens de soins. Dans l’esprit des rapporteurs, « il ne s’agit pas d’ouvrir un nouveau cadre d’emploi ni de légiférer ni de recruter des personnes nouvelles mais d’accélérer la promotion et la valorisation des paramédicaux et ainsi leur proposer de nouvelles perspectives professionnelles. »
En libéral aussi
Sans attendre, le rapport Hénart recommande « en fonction des besoins de santé identifiés par les territoires » la mise en œuvre par les agences régionales de santé, après validation par la Haute Autorité de santé, de programmes nationaux expérimentaux (PNE) dans le secteur libéral, ambulatoire et en établissement, conformément à l’article 51 de la loi Hôpital, patients, santé et territoires, qui définit les protocoles de coopération entre professionnels de santé. Les PNE s’appuieront également sur les « coopérations Berland » lancées il y a quelques années et qui avaient expérimenté des délégations de tâches de médecins à des infirmières.
Vers un retour des formations paramédicales dans le giron de l'Etat?
La mission Hénart préconise également que la formation des paramédicaux soit « reprise dans les compétences de l’Etat pour pouvoir être le plus intégrée possible au système universitaire ». Si la formation de base des paramédicaux serait toujours de trois ans, les étudiants pourraient poursuivre un cursus de pratiques avancées jusqu’au doctorat et via des diplômes universitaires (DU) et interuniversitaires.
Une concertation devrait prochainement s’ouvrir avec les ordres professionnels du secteur sanitaire et les organisations professionnelles. Xavier Bertrand a d’ailleurs demandé aux trois rapporteurs de suivre la mise en œuvre de ce rapport qu’il juge « visionnaire ». Dommage qu’il ait fallu attendre une situation critique pour qu’une telle série de propositions soit formulée, alors que les infirmières réclament la reconnaissance et la valorisation de pratiques avancées depuis bon nombre d’années. Que de temps perdu…
Texte et photo :
Françoise Vlaemÿnck
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Les dernières réactions
Nous lançons un appel à tous les infirmiers qui travaillent au bloc (IBO et IBODE) pour qu'ils s'organisent de façon urgente, à la défense de la spécialité. Après 12 ans d'espoirs, pour voir une exclusivité de fonction et une revalorisation au grade Master de notre profession, force est de constater que la tendance sur le terrain est à la disparition lente des écoles de spécialités, par manque de candidats mais surtout par manque de budget formation des hôpitaux. Ce sont donc des bouts de métiers qui se profilent pour nous. Nous ne sommes pas des machines à soigner des pièces détachées, dans le seul but de palier aux carences médicales et aux restrictions budgétaires. Si nous sommes "ni nonnes; ni connes", il est temps de se reveiller. Après, il sera trop tard. macamax@mac.com
Date : 04/02/2011 de Anonyme
bonjour,
et qu'en est il de l'infirmier en santé mentale;il va suppléer/ pallier au deficit des psychiatres??
Date : 03/02/2011 de Asterina, Préparation au concours - Corbara
Quelle nouveauté!!Et par contre la revalorisation du diplôme d'IADE ou d'IBODE??Comme si le niveau BAC + 5 n'existait pas..
Date : 03/02/2011 de micklerouge
Tout ca pour ça !!!!
Espérons que la rumuneration soit a la hauteur des responsabilités !!!
Pas besoin d'etre député pour sortir des rapports comme celui-ci , ca fait 10 ans que je suis IDE ,ça fait 9 ans que je dis....
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