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ONI : précaire et fragile

« Depuis avril 2011, le nombre d’inscriptions à l’ordre a augmenté de 20 % » , s’est félicité Didier Borniche, président de l’ordre infirmier, lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’ordre, le 26 janvier dernier, en présence de plusieurs membres du conseil national. L’événement était une première pour celui qui a pris les rênes de l’ordre l’été dernier, en rappelant qu’à cette époque, l’ordre était « dans un état proche de la fin de vie. » La veille, l’Oni avait enregistré sa 110 752ème inscription au tableau (54 356 chez les salariées du public et du privé, 53 038 chez les libérales, et 3 358 non précisées), et passé le cap des 90 000 cotisantes, atteignant ainsi un taux de règlement global de 84 %. Un pourcentage qui avoisine 53 % chez les IDEL, mais chute à moins de 45 % chez les salariées. Bref, en moyenne, une infirmière sur deux inscrite à l’ordre n’a pas encore réglé sa note. Cependant, dans le cadre de son plan de restructuration, 90 000 cotisantes suffisent, pour l’instant, à maintenir à flot le bateau ordinal, et à lui permettre de rembourser sa dette de 11 millions d’euros, désormais convertie en crédit sur sept ans. Selon nos informations, 40 à 60 % du montant des cotisations devrait ainsi servir à combler le passif de l’Oni - un pourcentage que ne confirme cependant pas l’ordre.
Dans ce contexte, Didier Borniche, qui se définit comme « un homme qui connaît le terrain », « proche des professionnelles et de leurs préoccupations », espère que les infirmières adhèrent et cotisent davantage, et plus vite. Dans cette optique, a d’ailleurs été annoncée l’ouverture prochaine de l’inscription en ligne, via le site de l’ordre, « pour simplifier et accélérer les modalités d’adhésion ». L’inscription et la cotisation sont obligatoires et conformes à la loi, a rappelé à plusieurs reprises le président. « Nous allons poursuivre nos relances auprès de celles qui ne sont pas à jour de leur cotisation, et entreprendre des démarches envers les employeurs de celles qui ne sont pas encore inscrites », a-t-il insisté.
Gestion parcimonieuse
Côté économies, le président a confirmé la suppression de 114 équivalents temps pleins sur 156 dans les rangs de l’ordre infirmier. Cette mesure touche essentiellement les assistantes, et devrait prendre effet avant l’été. « Un ordre ne vit que grâce aux cotisations qu’il perçoit. Si nous avions recouvré celles initialement prévues, nous n’aurions pas été amenés à licencier autant de personnel » a-t-il déclaré à l’adresse des infirmières. Un brin culpabilisant, Didier Borniche a cependant ajouté que « ce constat n’obérait pas les responsabilités dans la gouvernance de l’ordre. » Selon nos sources, des assistantes auraient reçu hier une proposition de nouveau contrat de travail à temps partiel de 30 heures par semaine, pour assurer la gestion administrative d’un conseil régional de l’ordre infirmier et des conseils départementaux qui y sont rattachés. Autant dire qu’un certain nombre d’entre elles font déjà grise mine, car leur charge de travail va, naturellement, augmenter, alors que leur revenu va mécaniquement diminuer. Par ailleurs, d’ici au printemps, les cent conseils départementaux devront être fermés. Le conseil national lui-même devrait déménager pour des « locaux moins spacieux et moins coûteux ». Au quotidien, la vie des ordres départementaux et régionaux va donc être spartiate. Dans une note interne diffusée le 20 janvier dernier (1), Jean-Yves Garnier, trésorier de l’instance, recommande d’ailleurs aux élus une gestion parcimonieuse des deniers. « L’achat de timbres doit être réduit au minimum », peut-on par exemple lire en page 2. Plus étonnant, le trésorier indique que « les élus de conseils doivent être à jour de leur cotisation. […] Nous ne pouvons pas réclamer à nos collègues le versement de celle-ci sans l’avoir nous-mêmes versée. » Fort de ces coupes drastiques dans son budget, l’ordre annonce un retour à l’équilibre de ses comptes au printemps prochain. « Cet ordre a à fédérer les quelque 500 000 infirmières du pays. Sans doute était-il illusoire [à sa création] de penser que nous allions y parvenir en quelques mois. Nous avons aujourd’hui mesuré l’ampleur de la difficulté », a expliqué Didier Borniche. Le conseil national s’est donc donné sept ans pour inscrire la moitié des infirmières (soit quelque 250 000 professionnelles). « Nous allons, a poursuivi le président, continuer notre travail de persuasion et d’information auprès des infirmières, car l’ordre est au service de toute la profession. »
Dialogue de sourds
Didier Borniche a également indiqué qu’il souhaitait renouer le dialogue avec « les partenaires syndicaux ». Mais les modalités restent floues. Et la tentative incertaine. Ceux qui sont contre l’ordre ne devraient pas venir de sitôt s’asseoir autour de la table puisque, comme le très actif Résilience, ils réclament son abrogation pure et simple. Et ceux qui étaient pour l’ordre, et continuent de l’être sur le fond, ne le sont plus sur la forme. Rappelons que Convergence infirmière, la Fédération nationale des infirmières, et l’Organisation nationale des syndicats d’infirmiers libéraux « appellent à une résistance collective et massive des libéraux par le boycott de toute cotisation ordinale réclamée de façon discriminatoire. » Mais, dans ce dernier cas, il ne s’agit, pour Didier Borniche, « que de règlements de comptes personnels ». Et l’ordre entend dorénavant répondre coup pour coup. Il a ainsi assigné devant le tribunal de grande instance de Paris, Résilience et son secrétaire général, pour injures publiques. L’audience se déroulera le 20 mars prochain. D’ores et déjà, la résistance anti-ordre s’organise, Résilience et Sud Santé Sociaux appellent à une journée de mobilisation nationale le 20 mars contre les ordres paramédicaux. Et l’intersyndicale anti-ordre (2) qui se réunit aujourd’hui devrait faire part de sa position d’ici peu. Quoi qu’il en soit de ces luttes politiques, avec si peu de moyens, l’ordre est réduit à peau de chagrin et l’on voit mal comment, en dépit de sa bonne volonté, il va pouvoir s’imposer dans le paysage sanitaire pour faire entendre la voix de la profession…
Françoise Vlaemÿnck
1 - Lettre d’information n°53
2 - L'intersyndicale nationale anti-ordre fédère la CFDT Santé Sociaux, la CGT Santé Action Sociale, la CFTC Santé Sociaux, FO Santé Sociaux, le SNICS FSU, Sud Santé Sociaux et l'Unsa Santé Sociaux.
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Les dernières réactions
Les pontes ordinaux doivent passer beaucoup de temps à la recherche de l'argent qui fait défaut.
Trouvent-ils le temps à la réflexion concernant la promotion et la défense de la profession ? C'est à cela que l'argent des cotisants devrait, normalement, être alloué.
Qu'en est-il exactement ?
Date : 04/02/2012 de eusèbe
Il y a quand même un mystère : l'argent disparait et il n'y en a jamais assez .
Que font-ils de l'argent encaissé ?
Date : 04/02/2012 de hugues dechilly
ordre infirmier : rien ne va plus ! alors qu'il y a peu Sauveur Borniche paradait devant la presse spécialisée pour vanter son action au sein de l'ordre infirmier, des documents, dont RESILIENCE a pris connaissance, attestent que la gronde interne continue de monter et que nous ne sommes pas loin d'un clash généralisé, entre Paris et la province, ce que nous annonçons depuis des semaines, semble se préciser maintenant que le plan de redressement commence à produire ses effets, business plan approuvé par le tribunal de commerce fin décembre 2011, imposé par la banque devenue seule "maître à bord" d'un navire ordinal qui prend l'eau de toutes parts, là où seul le vecteur "pognon" est maintenant devenu prioritaire ... alors que les comptes 2010/2011 n'ont toujours pas été communiqués et que le chef comptable de l'oni passe son temps à réclamer les justificatifs à l'ensemble des cdoi et des croi ... que ce soit le cdoi08 qui va camper sa mauvaise humeur au sein de l'hôpital de Charleville Mézières, refusant ainsi d'appliquer le plan de regroupement géographique décidé à Paris, que ce soit tel conseiller national qui s'épanche dans un message assassin traitant le bureau national d'amateur à l'occasion du communiqué du 17 janvier 2012, que ce soit encore le croi de Clermont Ferrand qui, l'an passé, dépose plainte contre des employeurs pendant que le national parcourt le Tout Paris, jusqu'à la Chancellerie, afin de désavouer publiquement cette initiative locale, que ce soient les démissions qui s'accumulent, telle celle du président Bouchet, du croi de Toulouse ou récemment d'un autre conseiller régional Midi Pyrénées, que ce soit enfin le courrier assasin, lui aussi, adressé par le cdoi du Rhône, hier vendredi 03 février au cnoi pour dénoncer "le mépris constant de votre part à l'égard des départements" ... la liste s'allonge d'heure en heure de ces invectives ou autre nom d'oiseau dont est affublé, en permanence le patron saintaniste ... rappelons, pour le fun, les attaques virulentes et répétées du clan des libéraux qui appellent à ne plus cotiser en mai 2012, la fronde de tous les adhérents qui ont reçu, certains comme une gifle, les lettres de relances pour non cotisation début janvier, les nombreuses maladresses de gestion évoquées dans la lettre d'information n°53, citée par la presse cette semaine, la seconde dette (? euros) qui continue de s'accumuler en région alors que l'argent coule à flots dans les caisses de l'oni mais qu'elles sont siphonnées et affectées au seul remboursement de la dette principale (11 500 000 euros), ré échelonnée début septembre sous la forme d'un nouveau prêt, (on croit rêver) quand il va falloir à l'oni dédier pas moins de 1 000 cotisations par mois (29 137 euros), sur trois ans, pour simplement rembourser la 3° dette à compter du 01 mai 2012, dette fiscale ayant fait l'objet d'un moratoire (1 048 932 euros)... business plan qui prévoyait, initialement, l'arrêt des rémunérations des personnels licenciés fin décembre, quand le PSE vient seulement d'être communiqué aux intéressées et que ces dernières ont l'intention de multiplier les procédures devant les juridictions, quand le paiement des loyers sur six mois de préavis, pour des locaux souvent vides, continue d'alourdir lui aussi la facture ... à cela, n'oublions pas les frais importants engagés par l'oni, non prévus eux aussi, sur le front juridique quand il faut rémunérer des avocats qui attaquent soit le sdis 28, soit RESILIENCE, soit encore récemment le collectif contre l'ordre du Jura, quand il faut répondre aux attaques de RESILIENCE qui continue de déposer des référés auprès de certains tribunaux ou de les transformer auprès des TGI, non, décidément, quand çà veut pas, ben çà veut pas et nous attendons, l'implosion de l'oni et la fuite de tous les conseillers qui n'accepteront pas ce plan de redressement imposé à marche forcée, privant toutes les entités de leurs prérogatives quand le même cdoi69 rappelle assez brutalement au président Borniche qu'il ne doit son poste (et sa légitimité) qu'à ceux qui l'ont élu ! fuite généralisée, peut être, espérée voire souhaitée par les pontes de la rue saint âne afin de faire taire la contestation et d'avoir, encore plus les coudées franches, pour asseoir encore plus une présidence contestée publiquement jusque dans son élection en juillet 2011, dans un courrier devenu célèbre (septembre 2011) et signé du président Tisserand, mettant clairement en cause la sincérité de certains procès verbaux de l'époque ... sans oublier le coup de poignard au printemps 2011, dans le dos de la présidente Leboeuf, asséné par un syndicat infirmier qui siège toujours au cnoi, allant dénoncer l'incurie ordinale au tribunal de commerce parisien ... quand les cdoi et les croi fonctionnent illégalement depuis avril et juillet 2011, quand le cnoi est prolongé de deux ans par décret au mépris (décidément !), encore et toujours, du processus électoral pourtant inscrit dans la loi ... non, avec un tel tableau qui reflète une réalité bien triste, la seule volonté annoncée de l'équipe Borniche de vouloir continuer à assumer la mission ordinale ne tient désormais plus la route et il est temps de poser la question de la réelle implication, de ses tenants et autres aboutissants, d'éventuels engagements (?), qui motive ces personnes à s'entêter à ce point ... celles et ceux qui viennent d'être contraints, sous la menace, de cotiser ne se feront pas avoir une seconde fois en moins de 4 mois et il y a fort à parier que les prévisions annoncées dans le plan initial 2012/2013 de 10649 cotisations pour le seul mois de mai 2012 ne soient pas atteintes ... les gros nuages s'amoncellent sur la route de l'oni, l'avis de (très) forte tempête est maintenant affiché, l'ordre décrédibilisé est lâché par les politiques, plombé financièrement de manière durable et soutenue, les libéraux (principaux) bailleurs de fonds, appelant à ne plus cotiser, toutes les conditions sont maintenant réunies pour que l'ordre coule à pic et que sa banque ne lui (re)lance plus une nouvelle fois la bouée de secours qui, jusque là, lui a - seule - permis de se maintenir la tête hors de l'eau ... dans ces conditions, continuer à cotiser ne servira qu'à continuer à perdre de l'argent et à repousser l'inévitable banqueroute qui attend l'ordre infirmier depuis le 21 décembre 2006 ...
Date : 02/02/2012 de hugues dechilly
merci Vévette …
un grand merci à madame Yvette, Vévette pour les intimes, infirmière retraitée qui, dans sa maison de retraite, a organisé une cagnotte auprès de nos anciennes collègues et d’un médecin retraité pour nous soutenir contre l’ordre infirmier !
500 000 bisous !!
Date : 02/02/2012 de Dépakine
c'est bizarre que le travail prévu pour156 se fasse maintenant avec si peu de monde?? que des locaux moins couteux et spacieux ne soient plus nécéssaires????
....Cocorico crie encore le coq de l'ONI !
Mais au fait avez vous entendu l'ONI dans les médias sur les RTT à récupérer pour les IDE ??
Moi pas !!!
Date : 02/02/2012 de Paul
Trois nouveaux référés ? Gare à l'amende pour recours abusif !
Date : 02/02/2012 de hugues dechilly
RESILIENCE : 3 nouveaux référés ...
http://syndico.exprimetoi.net/t6054-resilience-3-nouveaux-referes#24464
Date : 02/02/2012 de Visiteur
l ordre ça suffit il y a d autres batailles sur le terrain borniche allez au boulot et laisser nous travailler en paix aupres de nos malades le quotidien vous navait pas l air de connaitre battez vous pour des causes autres
Date : 02/02/2012 de Visiteur
ONI : précaire et fragile ET INUTILE
Date : 01/02/2012 de on ne nous dit pas tout !
"il ne s’agit, pour Didier Borniche, « que de règlements de comptes personnels »
L'hôpital qui se moque de la charité dans toute sa splendeur....
Que font les conseils disciplinaires départementaux ? Les ordinés libéraux tente de se débarrasser de leurs rivaux un peu trop embarassants. Pensez donc, la concurrence apportée par les nouveaux venus; ils n'y entendent rien à la déontologie des mamouths libéraux qui espèrent garder leur prérogatives locales.
La liste est longue de ces manoeuvres éhontées.
Date : 01/02/2012 de non non et non
"continuer notre travail de persuasion et d’information auprès des infirmières,"
mais bien sûr : par la menace, comme d'habitude
"il souhaitait renouer le dialogue avec « les partenaires syndicaux »"
en les attaquant devant les tribunaux
"il ne s’agit, pour Didier Borniche, « que de règlements de comptes personnels »"
comme ça c'est passé pour Madame Le Boeuf
certains ont la mémoire courte
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